Hamza, 24 ans, est handicapé physique et mental. Il habite à Lalla, près de Gafsa. Il est inscrit à l’UTAIM (Union tunisienne des incapables mentaux). Chaque semaine sa mère dépense douze dinars de couche, mais ne peut pas acheter de pommade de massage pour ses jambes, faute de moyens. Il se déplace en chaise roulante, celle-ci n’a pas été changée depuis dix ans. Malgré la situation difficile dans laquelle il vit, il n’a jamais reçu de visite d’assistante sociale ni perçu d’aide ou de prime.
En Tunisie, si une personne handicapée est inscrite dans une association spécialisée dans leur prise en charge, il ne reçoit alors aucune aide de l’Etat car celui-ci les finance déjà pour cela.
Dans la région de Gafsa, dix-sept associations ont pour but la prise en charge des personnes handicapées, indique Kamel Brahim, coordinateur pour les handicapés auprès de la Direction régionale des affaires sociales, il y a eu 916 cas répertoriés entre 2010 et 2011 (handicapés physiques, mentaux, sourds, aveugles, trisomiques…) mais il existe des cas qui se sont toujours pas pris en charge.
Cependant, la législation tunisienne exige qu’une personne handicapée qui suit une formation professionnelle rémunérée deux dinars par jour, mais tous ne peuvent pas travailler.
Pour ceux qui ne sont pas pris en charge par une association et disposent de la carte qui donne le statut d’handicapé, alors les médicaments sont gratuits. Pour les autres, le nouveau gouvernement, via le Ministère des Affaires sociales, s’est engagé à donner une prime de 100 dinars par mois pour les personnes qui ne sont prises en charge par aucune association.
Mais ici encore, il y a un problème car ce n’est pas tout le monde qui reçoit cette prime alors qu’elle devrait être généralisée.
Ce problème est trop souvent oublié et les personnes handicapées, pour beaucoup d’entre elles, vivent sans revenus, sans moyens. Il reste la famille comme seul soutien. Mais que deviennent les jeunes handicapés quand les parents décèdent : « Je voudrais que mes deux filles meurent avant moi car je sais qu’après moi, personne ne s’occupera d’elles » témoigne Naïma Horchani, mère de deux filles âgées de 18 et 19 ans, toutes les deux atteintes d’un handicap psychomoteur et moteur.
Naïma est sans emploi et son mari, retraité. Elle dénonce la malhonnêteté des associations qui ne prennent pas en charge les personnes handicapées alors qu’elles reçoivent de l’argent de l’Etat pour cela. Trop nombreux sont ceux qui ne trouvent aucun soutien auprès de ces associations.
Sans passé, sans présent et sans avenir, les handicapés n’intéressent pas. Ils sont oubliés. Alors qu’il faudrait seulement leur donner le sourire et rendre leur vie moins difficile. Il est important de les prendre en charge, de leur offrir un cadre pour s’épanouir. Cela devrait être le travail des associations mais beaucoup ne le font pas et gardent l’argent de l’Etat pour elles. Beaucoup d’handicapés se retrouvent seuls et sans rien quand leurs parents décèdent.
Quel avenir alors pour ces personnes fragiles? La prise en charge des personnes handicapées devrait être un enjeu national à travers la création d’un organisme spécifique.

HORCHANI RACHID says:
Je suis le père des 2 filles si dessu indiquees je pressise elle sont des soeurs “JUMELLES” àgées de 19 ans et depuis 15 ans elles ont perdues le pouvoir de marche et mème de se tenire debout merci.
paolo says:
merci de ces précisions Rachid.